PARLEMENT BRUXELLOIS – Les allocations de logement ont été discutées lors de la commission du logement du 13 janvier 2022. La procédure de demande d’une telle allocation sera simplifiée et les critères assouplis. Selon la députée bruxelloise Carla Dejonghe, c’est une bonne nouvelle, car le budget total de 38 millions d’euros pour 2022-2023 constitue indirectement un investissement dans l’offre et la qualité des logements privés abordables sur le marché.
« Cette proposition n’est bien sûr pas une surprise », explique Mme Dejonghe en commission. « Le gouvernement a déjà adopté la nouvelle réglementation, plus souple. Les moyens sont considérables et inscrits au budget. Il convient donc de féliciter le secrétaire d’État. »
Cette réforme s’inscrit dans le cadre du « PUL », le plan d’urgence pour le logement. Pour le groupe Open Vld, cet élément est un volet important du plan. Lorsqu’il s’agit de la crise du logement et des nombreux problèmes de logement que rencontrent quotidiennement les Bruxellois, nous ne devons certes pas être trop idéologiques, ni trop triomphalistes à propos d’un seul élément.
« Je le répète : oui, nous devons investir dans le logement public, mais aussi orienter et soutenir le marché privé. Investir dans le logement à Bruxelles doit être et rester attractif. Nous avons besoin de ces investissements », poursuit Carla Dejonghe. Ces investissements sont également nécessaires compte tenu des défis climatiques majeurs dans le domaine du logement, qui s’ajoutent aux besoins sociaux. « L’ensemble du parc immobilier doit être isolé et rénové afin d’atteindre les objectifs climatiques, mais aussi afin d’alléger la facture énergétique des habitants et donc des locataires. »
L’assouplissement de l’octroi des allocations de logement et l’augmentation considérable des budgets consacrés à ces allocations devraient soutenir le marché locatif dans les années à venir. Et ce, en plus des investissements publics directs, des subventions et d’une fiscalité verte en matière de logement.
Mais il faudra faire beaucoup plus, notamment :
- L’extension des AIS ou SVK (agences de location sociale).
- Les prêts sociaux.
- Les projets de « démembrement » (c’est-à-dire la dissociation de l’achat du terrain et de la maison).
- La mise en cadre de tout le secteur en pleine expansion de la « colocation », du « cohousing » ou de l’achat collectif de logements.
- La conversion de bureaux en logements.
- La vacance sur le marché.
- La réduction des délais beaucoup trop longs en matière de permis afin de rendre les investissements plus attractifs.
- La protection des locataires contre les loyers excessifs.
- La discrimination des locataires sur le marché locatif.
- La protection des bailleurs contre les loyers impayés par les locataires.
- L’ouverture des réserves foncières pour le logement.
Les allocations de loyer, surtout sous cette forme souple et quasi automatique, constituent un investissement considérable dans le logement social pour des milliers de Bruxellois. « Indirectement, elles constituent également un investissement dans l’offre et la qualité des logements privés abordables sur le marché. Ces fonds sont en grande partie réinvestis dans les logements », précise M. Dejonghe.
« Il est et reste important de bien collaborer avec les locataires, les bailleurs et les pouvoirs publics sur le marché locatif. Une bonne concertation avec les locataires et les associations de bailleurs reste indispensable, tout comme la proposition d’un juste équilibre entre les mesures. » Selon M. Dejonghe, les millions que nous investissons chaque année dans le marché privé afin de le rendre plus accessible sur le plan social constituent déjà un signal fort dans cette direction. « Cela complète l’ordonnance que nous avons votée concernant les loyers excessifs et les « CPL » ou commissions paritaires des loyers. »
« Nous voterons donc bien sûr cette proposition. Avec enthousiasme. Cela ne résoudra pas les problèmes du marché du logement, mais en tant que majorité, nous faisons ce que nous avons convenu. C’est un pas en avant important. Je remercie le secrétaire d’État et le gouvernement », conclut Carla Dejonghe.