Le gouvernement flamand réduit les moyens pour le néerlandais à Bruxelles.
Gaston Eyskens, Premier ministre il y a plus d’un demi-siècle, l’avait déjà dit : les principes sont comme les vents, quand on en a, il faut les lâcher petit à petit…
La Flandre ne lâche pas Bruxelles, tel était autrefois le principe de chaque gouvernement flamand, quelle que soit sa composition politique. Il semble que ce soit désormais révolu. Bruxelles est perdante, la capitale est clairement sacrifiée.
Lors de son récent conclave budgétaire, le gouvernement flamand a en effet décidé ces derniers jours de sabrer dans les crèches néerlandophones : 120 places pour enfants sont menacées (ainsi que 30 emplois), dans une ville jeune qui a grand besoin de structures d’accueil pour les enfants. Les garderie avant et après l’école dans nos écoles néerlandophones n’échappent pas non plus à la hache : ils deviendront beaucoup plus chers pour les parents (souvent vulnérables).
Et pour l’enseignement supérieur à Bruxelles, c’est un véritable champ de bataille : les extras indispensables pour encadrer une ville multilingue et multiculturelle sont en train de disparaître. De plus, la dotation à la Commission communautaire flamande à Bruxelles est réduite. Punir son propre avant-poste autoproclamé à Bruxelles : Kafka, n’est-ce pas ?
C’est vraiment bizarre pour un gouvernement flamand qui se vante de l’importance du néerlandais comme moyen de communication, comme tremplin vers l’intégration et la mobilité sociale, non ? La NVA, avec l’aide du Cd&v et du Vooruit, a apparemment bien écouté père Eyskens.
C’est un choix incompréhensible, surtout pour un gouvernement dirigé par des nationalistes flamands. Il y a quelques mois, le « plan ToTaal » pour le néerlandais à Bruxelles a été annoncé en grande pompe. En soi, c’est louable. Mais il s’avère maintenant que ses maigres ressources sont largement dépassées par les nouvelles économies. Ce gouvernement flamand ne défend donc pas plus, mais moins le néerlandais à Bruxelles. Jawadde, ket…
Et après coup, ce sera à nouveau « la faute de Bruxelles ». Depuis des années, la NVA reproche à la VGC de recevoir trop de moyens du gouvernement bruxellois par rapport aux moyens du gouvernement flamand. Et maintenant, elle réduit délibérément sa propre part.
En 1999, sous l’impulsion de l’Open Vld et moi-même, un gouvernement flamand a décidé de ne pas se limiter aux Flamands classiques de Bruxelles, mais de s’adresser à tous les Bruxellois qui, pour une raison ou une autre, souhaitent adopter le néerlandais. On a ainsi atteint un groupe cible de plus de 300 000 Bruxellois. Cette politique ambitieuse devait en outre être soutenue par 5 % des ressources flamandes (la norme dite « Bruxelles », soit deux fois plus d’argent que le nombre de Flamands dans la capitale). Pour la première fois depuis des décennies, on réduit délibérément cette aide.
Le néerlandais reste le pont vers le multilinguisme à Bruxelles. Cela n’aide pas lorsque le gouvernement flamand sape lui-même ce pont.
Plus est en vous, NVA. Lode Craeybeckx se retourne dans sa tombe.
Sven Gatz
Ministre bruxellois des Finances et du Budget