Déclaration sur la formation du gouvernement bruxellois
Ce qui avait commencé de manière prometteuse est, une fois de plus, habilement étouffé – comme toutes les initiatives nobles précédentes. Les grandes annonces n'ont jamais manqué, mais les résultats tangibles, eux, font cruellement défaut. Tout accord, qu'il soit politique, économique ou privé, repose sur la confiance. Sans confiance, tout compromis est vain.
Ces deux dernières semaines, des discussions de fond ont enfin eu lieu, et nous tenons à remercier nos interlocuteurs. Nous avons, dès le début, exposé clairement et en détail nos positions et nos lignes directrices pour un meilleur Bruxelles. Elles portaient sur des mesures concrètes :
- Une administration plus efficace, avec une réduction significative de 25 % du personnel, afin que les moyens puissent à nouveau être consacrés aux missions essentielles plutôt qu'à la bureaucratie.
- L'introduction de BASE, une politique d'activation innovante et axée sur les résultats, qui donne des opportunités aux personnes au lieu de les enfermer dans des structures.
- Rendre Bruxelles plus attractif pour la classe moyenne, avec une trajectoire budgétaire rigoureuse permettant de réduire l'impôt des personnes physiques en 2028 et 2029. Rendre le logement abordable, en accélérant drastiquement les procédures de permis et en augmentant structurellement l'offre de logements.
La sécurité et la propreté devraient être des évidences et constituer des missions fondamentales de l'État, où les textes vagues doivent céder la place à des mesures effectives protégeant réellement les citoyens et améliorant leur cadre de vie. Pour cela, des garanties fermes et un soutien sans équivoque des gouvernements fédéral et régional sont nécessaires.
Ce qu'il est advenu de cet échange de fond reste pour nous un mystère. Le résultat présenté lundi matin est une proposition de coalition dont Magritte, le surréaliste, serait jaloux et qui ferait pâlir Kafka. C'est regrettable, car Bruxelles et les Bruxellois méritent mieux. Ils méritent un gouvernement qui ose réformer, qui restaure la confiance et qui a le courage de faire des choix. Aujourd'hui, il ne s'agit à nouveau que de répartition de postes, alors qu'une majorité néerlandophone existe déjà depuis novembre.
Lorsque nous avons présenté notre trajectoire budgétaire jeudi dernier, nous étions confiants. Après quatre jours de silence total et d'absence de communication de la part du facilitateur, la surprise fut grande. Bruxelles doit être dans une meilleure situation en 2029 qu'aujourd'hui. Soit nos exigences pour Bruxelles sont prises au sérieux, soit ce sera sans nous. Nous ne sommes pas incontournables.
Si les autres partis estiment qu'il est opportun que nous jouions un rôle, sous quelque forme que ce soit, nous n'éluderons certainement pas notre responsabilité.



